Villes et villages fleuris

Soixante ans de promotion pour les communes

S’il existe des labels dans tous les domaines, celui dédié aux « Villes et villages fleuris » occupe une place prépondérante dans le quotidien des communes et de leurs habitants. Créé en 1959, par le ministère du Tourisme, il a fêté ses 60 ans.

Les travaux du comité « Villes et villages fleuris » ont été présentés lors du Forum des maires et des collectivités locales de Haute-Savoie.

Sous l’égide d’un conseil national régi sous forme associative, le label « Villes et villages fleuris » est le plus vieux label de France mais il n’a jamais été aussi jeune. Si au départ, il était axé sur le fleurissement décoratif, il a su évoluer. Il récompense aujourd’hui l’engagement des communes pour l’amélioration de la qualité de vie des habitants et des visiteurs, à travers une récompense nationale, de une à quatre « fleurs », jusqu’au trophée « fleur d’or ».

Le label s’appuie sur un référentiel apportant aux communes de toutes tailles, une cohérence dans leur développement. Les critères d‘évaluation portent sur la stratégie d’aménagement paysager et de gestion, l’animation et la promotion de la démarche en faveur de l’attractivité touristique et le développement du lien social, la valorisation du patrimoine végétal et du fleurissement, la préservation environnementale (gestion des ressources naturelles et préservation de la biodiversité), la qualité de l’espace public et la pertinence des aménagements en fonction des lieux. « C’est voir fleurir un cadre de vie harmonieux, engendrant créativité, gestion vertueuse différenciée et raisonnée », souligne Martine Lesage, directrice du conseil national Villes et villages fleuris.

Le label permet de bénéficier de conseils, d’un accompagnement des communes qui souhaitent se perfectionner, valoriser leur patrimoine et leur image. Il apporte des outils de communication : accès extranet, réseaux sociaux, newsletters, vidéo de présentation, film pédagogique, formation en ligne. Il permet notamment de mettre en avant une commune, un projet, un événement à travers un site.

Près d’un tiers des communes françaises est mobilisé pour accéder au label soit environ 10 000 villes et villages. 4 931 communes sont labellisées et 265 détiennent les quatre fleurs.

L’exemple de Sixt-Fer-à-Cheval

Mathieu Battais, chargé de mission du « Grand site » de Sixt-Fer-à-Cheval, souligne l’intérêt d’une candidature à une première fleur : « Nous avons une dimension touristique majeure avec des activités hivernales et estivales. 90 % du territoire est protégé au titre des sites classés. Si cela a bien fonctionné des dizaines d’années, nous avons constaté que notre modèle était vieillissant avec beaucoup de gestion d’espace sans forcément de retombées économiques. La protection des sites a figé les choses, engendrant un effacement de la mairie face aux services de l’État et du coup une perte de maîtrise de projets. Devant cette situation, nous nous sommes lancés dans une démarche de « Villes et villages fleuris » en nous appuyant sur le PLU. L’objectif est de formaliser une ambition pour valoriser notre patrimoine remarquable. Une de nos priorités est de favoriser le travail transversal en associant la population. Nous essayons de motiver les habitants à prendre part à l’entretien des petits hameaux. L’idée est que chacun puisse s’approprier ce projet. »

L’exemple de Megève

Matthieu Nouals, responsable espaces verts de Megève, fait part de l’expérience d’une commune « quatre fleurs ». La démarche a débuté en 1997 : « Il aura fallu dix ans pour arriver aux quatre fleurs. Cela demande du temps, de l’anticipation, de la réflexion. Nous sommes auditionnés tous les trois ans, mais le travail doit être constant et surtout ne pas se limiter à mettre le paquet l’année du jury. Il est de plus important de se remettre en question, d’innover, de travailler sur une nouvelle signature pour ne pas proposer toujours le même fleurissement de montagne. Cela passe par exemple par des plantes moins consommatrices d’eau, qu’on n’a pas l’habitude de voir dans notre région comme la lavande avec laquelle nous avons eu des résultats formidables. Il s’agit aussi de travailler sur les volumes et la décoration. Pour une commune comme Megève, le label est très important car il a un aspect touristique fort. »