L’Adie en appelle aux pouvoir publics pour aider les petits entrepreneurs

Dès le début du confinement, le 17 mars 2020, l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) s’est mobilisée pour aider les 50000 entrepreneurs -dont 6000 sur le territoire Auvergne-Rhône-Alpes- qu’elle accompagne au quotidien face aux conséquences de l’arrêt soudain de leur activité.

Après une première enquête menée en avril, l’Adie a de nouveau interrogé les entreprises en juin, pour prendre le pouls de leur situation économique après la reprise, de leur moral, de leurs besoins et de leur projection à court terme. «Combatifs mais inquiets, les entrepreneurs ont encore un besoin vital du soutien des pouvoirs publics pour pouvoir se projeter dans l’avenir. Parce que le monde d’après ne peut et ne doit pas se faire sans les petits entrepreneurs locaux qui font vivre nos territoires», estiment les responsables de  l’Adie qui lancent un appel pour que les entrepreneurs individuels ne soient pas oubliés. Vendeurs sur les marchés, esthéticiennes, restaurateurs, maraîchers, traiteurs, fleuristes, gardes d’enfants ou d’animaux, épiciers, réparateurs de vélos, savonniers, coiffeurs à domicile, artisans du bâtiment, fabricants de biscuits, de tisanes, de bijoux, de produits cosmétiques ou d’objets artisanaux… Les 50000 entrepreneurs soutenus par l’Adie sont représentatifs des petits entrepreneurs qui font vivre l’économie locale.
Conséquence de la crise sanitaire, la quasi-totalité (94 %) de ces entrepreneurs ont dû cesser totalement ou partiellement leur activité. Fin juin, un quart seulement d’entre eux avaient repris leur activité normalement, et un quart étaient encore complètement à l’arrêt. Tous les secteurs sont concernés, y compris ceux qui n’ont pas été directement touchés par les mesures sanitaires. Souvent récentes, ces entreprises ne disposent ni de la trésorerie ni des fonds propres permettant de faire face à un arrêt aussi brutal de leur activité et une baisse aussi prolongée de leurs revenus.

«A défaut d’une intervention publique forte et rapide, beaucoup d’entre eux ne tiendront pas longtemps, et la rentrée sera dure, marquée par des fermetures et des cessations d’activité dans les centres-villes, les bourgs et les banlieues», estime-t-on à l’Adie.
Pour autant, aujourd’hui, plus de 60 % des entrepreneurs interrogés se disent confiants quant à l’avenir de leur entreprise. «Nous ne pouvons pas décevoir cette confiance. Nous ne pouvons pas laisser tomber ces centaines de milliers de travailleurs indépendants, silencieux et invisibles acteurs de l’économie de proximité, dont la quasi-totalité ne sont pas couverts par l’assurance chômage et dépendront donc des minima sociaux, alors même qu’ils sont pleinement engagés à faire œuvre de résilience.», plaide Frédéric Lavenir, président de l’Adie qui évoque trois mesures pour sauver les très petites entreprises :
• Le maintien du fonds de solidarité jusqu’à la fin de l’année pour tous ceux qui subissent encore les conséquences de la crise, quel que soit leur secteur d’activité ;
• Une exonération totale des cotisations sociales jusqu’à la fin de l’année pour tous les entrepreneurs éligibles au Fonds de solidarité ;
• Un soutien en fonds propres sous la forme d’une prime de 3 000 euros pour les entrepreneurs les plus en difficulté, en élargissant et en simplifiant les conditions d’éligibilité du second volet du Fonds de solidarité, encore trop peu accessible pour les petits entrepreneurs comme ceux que l’Adie accompagne. 

La Région Auvergne-Rhône-Alpes, la Banque des Territoires et de nombreuses collectivités locales ont lancé fin juin le Fonds Région Unie «Micro-entreprises et Associations». Ce dispositif exceptionnel vise à octroyer des avances remboursables pour financer les besoins de trésorerie et de fonds de roulement nécessaires pour relancer l’activité. Avance remboursable, sans taux d’intérêt, sans garantie, sans obligation de co-financement remboursable après un différé de 24 mois en trois annuités (24, 36 et 48 mois).
Dans le cadre du Fonds Région Unie, l’Adie a été mandatée par la Région Auvergne-Rhône- Alpes pour réceptionner et étudier les demandes de financement de son public cible, à savoir les entrepreneurs individuels et les micro-entrepreneurs qui ont un besoin d’une aide financière inférieure à 6 000 euros et les entrepreneurs salariés en coopérative d’activité ou couveuse ayant un besoin inférieur à 4 000 euros.
La crise a agi comme un révélateur des limites d’un système de protection sociale construit pour le salariat mais qui ignore encore largement les travailleurs indépendants. Le Fonds de solidarité a été à cet égard une innovation majeure. Il importe absolument de capitaliser sur cette expérience et de tout mettre en œuvre pour accompagner durablement la capacité de résilience des entrepreneurs. En plus de créer leur propre emploi, ils dynamisent les tissus économiques locaux, nous rendent service près de chez nous et font vivre nos centres-villes. Ils peuvent être des acteurs clés de la relance.

A propos de l’Adie 
L’Adie est une association nationale reconnue d’utilité publique qui défend l’idée que chacun, même sans capital, même sans diplôme, peut devenir entrepreneur, s’il a accès à un crédit et à un accompagnement professionnel. Depuis 30 ans, son réseau de spécialistes finance et accompagne les créateurs d’entreprise, pour une économie plus inclusive. Dans ses 19 antennes et 60 permanences qui couvrent tout le territoire Auvergne-Rhône-Alpes, ses 46 conseillers et 139 bénévoles accompagnent les créateurs d’entreprise. En 2019, l’Adie AuRA a financé et accompagné plus de 2 747 entreprises avec un taux de pérennité de 78 % à 2 ans. 89 % des personnes financées sont durablement insérées professionnellement.