L’esprit «savoyard» expliqué par le préfet Laugier

Nommé préfet de la Savoie en janvier 2018, Louis Laugier a quitté le département le dimanche 23 août 2020. Le lendemain, il prenait ses fonctions à Colmar. Avant d’endosser la charge de préfet du Haut-Rhin, il a accepté d’évoquer son bail en Savoie.

Louis Laugier, vendredi 21 août à Chambéry. 

Après un passage à la tête du 13e Bataillon de chasseurs alpins (Barby) en début de carrière, Louis Laugier a pu confirmer, en un peu plus de deux ans, son attachement au département. «Cette fonction n’est pas une fonction que l’on exerce sans un investissement personnel. S’il y a de l’affectif, le départ est un arrachement car on quitte un endroit, des personnes que l’on apprécie. Je suis très sensible à l’honneur qui m’est fait avec ma nomination dans le Haut-Rhin et en même temps il y a un pincement au cœur en raison de l’attachement au lieu dans lequel j’ai exercé», assurait le désormais ex-préfet de la Savoie vendredi 21 août.
«Je retiens de ce passage en Savoie la qualité du travail partenarial qui existe entre les différents acteurs du département. Cela mérite réellement d’être souligné. J’ai été frappé par la relation de confiance qui existe et qui fait que l’on avance sur des dossiers, sur des sujets très concrets. Ce n’est pas abstrait. C’est la vie quotidienne de nos concitoyens qui est impactée par nos décisions conjointes. C’est un département que je trouve particulièrement dynamique, particulièrement attachant. J’ai eu la chance d’avoir autour de moi des équipes d’une très grande qualité. Il s’agit des sous préfets, des agents de la préfecture et des agents des services de l’Etat qui travaillent dans l’ombre, que l’on voit peu, mais qui sont essentiels. Il y a beaucoup de réactivité, beaucoup d’efficacité et un vrai sens de l’intérêt général et du bien commun. Mon successeur arrive dans un endroit où les relations sont de telle qualité qu’elles facilitent le travail. En revanche, pour lui même, elles nécessitent de s’impliquer réellement et de rentrer dans les dossiers.»
Au moment de tourner la seconde page savoyarde de sa carrière, Louis Laugier a choisi de ne pas égrainer la litanie des dossiers qu’il a eu a gérer, s’attachant plutôt à expliquer la manière dont il a choisi de représenter l’Etat en Savoie, notamment face à la crise du Covid-19, en faisant le choix d’autoriser nombre d’animations touristiques et festives : «L’intérêt du fonctionnement de l’Etat au niveau départemental c’est que l’on peu adapter les choses en fonction du contexte local. S’il y a risque de propagation du virus, vous êtes amené à prendre des mesures différentes que dans d’autres situations. L’intérêt est de pouvoir décliner les politiques gouvernementales en utilisant les marges de manœuvres qui existent pour tenir compte de la réalité locale. En Savoie, la situation sanitaire a été, jusqu’à début août, en dessous du niveau régional et national. Il faut savoir tenir compte de la situation du moment et de l’évolution qu’elle peut avoir. Il s’agit de décisions au cas par cas. Nous avions déjà fait de même, lors de la réouverture des marchés de plein air ou pour la réouverture des refuges. Ça a beaucoup surpris car certains auraient voulu que l’on applique exactement les mêmes critères à tous les refuges, alors que les situations locales ne sont pas les mêmes.Il faut arriver à revenir sur les faits et les appliquer au mieux aux circonstances locales.Il s’agit d’objectiver les choses
Dès sa nomination en Savoie, le préfet Laugier a choisi de passer du temps sur le terrain. Un exercice utile selon lui. «Pour s’imprégner, il faut se déplacer. Dès mon arrivée, j’ai sanctuarisé deux jours par semaine pour aller sur le terrain pour écouter les personnes qui connaissent le département et qui sont l’émanation des véritables préoccupations locales. En deux journées par semaine, vous entendez beaucoup de choses.Le fait que les personnes soient fières de leur identité est essentiel. Si les gens sont fiers de ce qu’ils sont, de ce qu’ils diffusent, la manière de travailler s’en ressent. Au début de la crise, les conférences économiques et sociales auraient pu avoir deux formes de fonctionnement. Soit pour se dire “Comment est-ce qu’on rebondit ?”, soit pour se dire “Comment est-ce qu’on pleure ?” Dans ce département, on travaille en se disant “Comment est-ce qu’on rebondit ?” A un moment, il vaut mieux voir les choses qui fonctionnent et les utiliser pour rebondir correctement. C’est ça l’état d’esprit du département», explique Louis  Laugier.