Organisé tous les quatre ans, le Congrès mondial de la viabilité hivernale a été accueilli seulement deux fois en France. Deux fois en Savoie ! En 1971 à Valloire et cette année à Chambéry. Depuis mardi, jusqu’à ce vendredi 13 mars, les échanges tournent autour d’un seul enjeu : l’avenir de la viabilité hivernale dans la perspective des changements climatiques, des évolutions des mobilités, des nouvelles technologies et des nouvelles gouvernances.

D’abord baptisé « Congrès mondial de la viabilité hivernale », l’événement a évolué en 2002, pour intégrer les notions de résilience et de décarbonation des mobilités. De fait, le 17e congrès mondial de la viabilité hivernale, de la résilience et de la décarbonation de la route réunit des experts et des acteurs de l’exploitation et de la sécurité routière venus du monde entier. Cette année, l’édition chambérienne réunit près de 1 800 personnes représentant 65 nationalités. La perspective d’accueillir les Jeux olympiques dans les Alpes françaises en 2030 a donné le ton de nombreux échanges et ateliers techniques.
Chambéry, « étape incontournable sur la route des plus grandes stations mondiales », dixit Thierry Repentin, le maire de la commune, a eu quatre journées pour présenter ses atouts de ville d’accueil d’un tourisme d’affaire désormais international. « C’est pour nous un très grand honneur d’accueillir un congrès mondial. J’y vois la reconnaissance du savoir-faire de nos équipes et de nos professionnels. […] À l’heure où de nombreuses régions, en France et sur tous les continents voient leurs infrastructures fragilisées, voire totalement détruites par les catastrophes naturelles liées aux changements climatiques, le partage d’expérience et de bonnes pratiques est plus que jamais essentiel. Ce partage est au cœur du congrès et une riche programmation a été préparée, tant pour les séances techniques que pour les visites sur sites. La Savoie est régulièrement confrontée aux risques naturels qui viennent lourdement impacter son réseau routier. La gestion de la viabilité hivernale, les éboulements, les glissements de terrain, les avalanches, les crues torrentielles font partie du quotidien des acteurs routiers des Alpes françaises, mobilisés à nos côtés pour faire découvrir leur savoir-faire. »

« QU’IL Y AIT ENFIN DE LA VERBALISATION »
Le Savoyard Fabrice Pannekoucke, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, partenaire du congrès mondial de la viabilité hivernale, de la résilience et de la décarbonation de la route, n’a pas caché sa satisfaction que les Alpes accueillent un tel événement. « Ici, à Chambéry, nous sommes à quelques dizaines de kilomètres seulement du rocher qui est venu boucher la RN 90, à quelques dizaines de kilomètres seulement du glissement de terrain de La Praz, à quelques kilomètres des voiries très enneigées cet hiver. […] Derrière la route, il y a en réalité toute l’expertise qui doit conduire à sa viabilité, aux efforts de résilience et, de manière durable et très engagée, les efforts de décarbonation. » Fabrice Pannekoucke a profité de la tribune pour évoquer « la place des pneus neige » dans le débat de la viabilité hivernale. « Les pneus neige obligatoires est une avancée absolument considérables. Nos équipiers sur les routes peuvent faire preuve de toute l’expertise et du savoir-faire que nous leur connaissons, ça ne remplacera jamais la nécessité de véhicules dotés d’équipements spéciaux. J’appelle de mes vœux en regardant du côté de l’État, qu’il y ait enfin de la verbalisation pour ceux qui tentent encore de se soustraire aujourd’hui à ce que la loi a mis en œuvre et qui est indispensable. Ça n’est qu’à cette condition que nous serons en capacité de permettre la fluidité, de garantir pour tous la sécurité et de considérer qu’ensemble nous avons œuvré au service de la viabilité. »

