Ciao Milano – Cortina 2026 ! Bonjour Alpes françaises 2030 ! À peine descendu des mats italiens, dimanche 22 février, le drapeau olympique est arrivé en France pour prendre place sur le mat olympique d’Albertville, symbole des Jeux de 1992. La journée du 23 février 2026 marque « le premier jour du reste de nos Jeux de 2030 ». Elle a aussi, et surtout, permis de constater l’adhésion populaire lors d’une fête réunissant les héros des J.O. de 2026 et les médaillés de 1992 à la Halle olympique.

Les promoteurs de la candidature française ont choisi de célébrer les médaillés de 2026 et de profiter de la belle ambiance albertvilloise, plutôt que de justifier les atermoiements au sein du comité d’organisation. En retrait des sportifs et des politiques locaux, Edgar Grospiron, président du comité d’organisation Alpes françaises 2030 a toutefois apprécié sa journée : « On ne s’attendait pas à avoir une ambiance aussi impressionnante à Albertville avec ces passionnés des Jeux qui sont réunis et qui ont été conquis par les résultats de tous nos athlètes français. »
Le patron du comité d’organisation des J.O. de 2030, champion olympique en 1992, a choisi de s’appuyer sur l’expérience italienne pour préparer 2030. Comme Milano – Cortina, les Alpes françaises font le pari de sites éclatés. « Nous avons quatre grands clusters sur lesquels nous pourrons créer une expérience olympiques unique. Nous avons l’opportunité de créer une expérience olympique homogène et aussi quelque chose d’unique car les spécificités locales pourront s’exprimer », imagine Edgar Grospiron.
Venu à la rencontre des membres des équipes de France de retour d’Italie, le Premier ministre Sébastien Lecornu, accompagné de la ministre des Sports Marina Ferrari, a évoqué cette spécificité avec les premiers concernés. Loin des caméras, pendant presque une heure, il a choisi d’écouter : « pour préparer 2030, avec les athlètes, pour les athlètes ».

DES GRANDS JEUX METTANT EN LUMIÈRE LES PERFORMANCES
Quentin Fillon-Maillet, le Français le plus médaillé des Jeux olympiques, été et hiver confondus, avec cinq titres et quatre podiums, a apprécié « les sites déjà en place et habitués à l’accueil d’épreuves de biathlon. Les fans sont des connaisseurs, nos familles peuvent venir. » Le slalomeur Clément Noël partage l’analyse de Quentin Fillon-Maillet, mais constate des limites : « Les sites éclatés sont l’avenir des Jeux. Mais s’ils ont l’habitude d’accueillir des Coupes du monde, l’éloignement peut nous couper des autres délégations et de la ferveur olympique ».
Thimothy Loubineaud, chef de fil du patinage de vitesse français, ne partage pas cet optimisme : « En 2030, nous serons le seul sport à ne pas disputer les Jeux dans les Alpes françaises, car il n’y a pas de piste en France ». Il plaide pour la création d’une piste temporaire avec le but « de réussir de beaux J.O. et de transmettre l’envie du patinage à la jeunesse. Les J.O. sont des tremplins pour beaucoup de sports ».
A l’opposé, la bobeuse Margaux Boch apprécie de pouvoir disputer les Jeux de 2030 sur sa piste d’entraînement, à La Plagne : « C’est un vrai avantage pour 2030 ! »
L’expérience des athlètes invités sur les Jeux olympiques de 2024 a été très écoutée. En Italie, les médaillés français n’avaient guère de possibilités de célébrer leurs succès avec leurs supporters. Tous ont plaidé pour la création de « Clubs France » sur les futurs pôles olympiques.
« Je n’avais pas conscience de ça avant de vous écouter. Il faudra trouver des solutions pour célébrer les médailles. Nous devront trouver un équilibre entre sites et centralité. Contrairement à l’Italie où beaucoup d’athlètes étaient logés à l’hôtel, en France il y aura quatre villages olympiques », avouait le Premier ministre en quittant les athlètes.
Le nombre d’étapes qu’il s’agit de franchir avant février 2030 semble immense. « Tant que nous n’aurons pas livré la dernière étape, considérons que ça reste à faire. Nous avons quatre petites années devant nous pour parler infrastructures et pour accompagner nos sportifs », affirme Fabrice Pannekoucke. « Nous sommes tous alignés sur le sujet, sur ce que l’on veut livrer, sur une vision, sur des valeurs, sur le fait de vouloir livrer pour les Français, pour le sport français et pour les athlètes des grands Jeux mettant en lumière les performances. Il s’agit de faire en sorte que les gens aient envie de venir en France, de venir dans les Alpes françaises pour continuer la parade, pour continuer la fête », veut rassurer Edgar Gropiron.

