Le casse-tête écologique et patrimonial des remontées mécaniques obsolètes

En France, près de 3 000 installations de montagne, dont 100 remontées mécaniques, sont aujourd’hui considérées comme obsolètes ou abandonnées. Ces vestiges de l’âge d’or du ski, souvent rouillés et laissés à l’abandon, posent un défi majeur : comment concilier préservation des paysages, sécurité des sites et mémoire locale ?

D’après un recensement mené par l’association Mountain Wilderness, les installations fantômes – pylônes tordus, câbles pendants, gares de téléskis à l’abandon – parsèment les massifs français. « En 2001, nous avons lancé un recensement de grande ampleur. Aujourd’hui, notre cartographie recense 3 000 installations obsolètes, dont 100 remontées mécaniques », indique Fiona Mille, présidente de Mountain Wilderness.

D’après un recensement mené par l’association Mountain Wilderness, les installations fantômes – pylônes tordus, câbles pendants, gares de téléskis à l’abandon – parsèment les massifs français. « En 2001, nous avons lancé un recensement de grande ampleur. Aujourd’hui, notre cartographie recense 3 000 installations obsolètes, dont 100 remontées mécaniques », indique Fiona Mille, présidente de Mountain Wilderness.

Un nombre important notamment expliqué par une législation inexistante. La loi Montagne 2, adoptée en 2016, impose le démontage des installations postérieures à cette date, mais elle n’est pas rétroactive. Alors qu’aujourd’hui 90 % des installations obsolètes datent d’avant 2016, il n’y a « aucune obligation légale pour les démonter, et encore moins de fonds provisionnés », souligne Fiona Mille. Un constat partagé par la Cour des comptes, qui a auditionné l’association en 2024 sur la nécessité de créer un fonds d’adaptation face au changement climatique.

DES SOLUTIONS ÉMERGENT DOUCEMENT

Domaines skiables de France (DSF), qui fédère les exploitants de remontées mécaniques, s’est engagé en 2012 à aider au démontage des remontées mécaniques. Depuis 2021, l’engagement s’est durci, affichant la volonté de démonter trois installations par an. Pour l’association Mountain Wilderness le compte n’y est pas encore. Si elle salue l’accélération des démantèlements l’été dernier (cinq installations obsolètes enlevées), elle pointe cependant du doigt un « processus pas suffisamment rapide aujourd’hui ».

Pour Laurent Reynaud, délégué général de DSF, la difficulté n’est pas le démontage en lui-même, c’est avant tout de dire adieu au ski : « Nous n’intervenons sur les sites qu’après dix ans d’inexploitation, et même à ce moment-là nous avons beaucoup de difficulté à faire comprendre aux communes qu’il faut enlever les remontées mécaniques. Elles mettent souvent du temps à accepter de dire adieu à leur patrimoine ski. Plus d’une fois sur deux, notre première demande est refusée ».