3133, pour lutter contre la maltraitance des adultes vulnérables

Installé depuis le 1er mars 2026, le 3133 est le nouveau numéro d’écoute national dédié aux maltraitances à l’encontre des adultes vulnérables. Généralisé à l’ensemble du territoire national, il est complété par un formulaire de signalement en ligne et par des cellules territoriales d’écoute. 

Porté par le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, le déploiement de ce dispositif est une nouvelle étape importante dans la lutte contre les maltraitances. 

« La maltraitance envers les personnes vulnérables demeure, encore aujourd’hui, une réalité trop souvent silencieuse. Derrière les portes d’un domicile, dans un établissement, au sein d’une relation, des violences psychologiques, financières, physiques ou des négligences continuent de toucher un grand nombre de personnes âgées, de personnes en situation de handicap ou de personnes en situation de précarité́. Ces situations restent souvent invisibles. Parce qu’elles se déroulent dans l’intimité. Parce qu’elles s’installent parfois progressivement. Parce que les victimes hésitent à parler, par peur ou par honte. Parce que les proches eux- mêmes doutent parfois de ce qu’ils voient ou entendent. Face à cette réalité, nous avons une responsabilité collective : ne jamais détourner le regard. La lutte contre les maltraitances est une exigence de dignité, de protection et de justice envers nos concitoyens les plus vulnérables »,  affirment Stéphanie Rist, ministre de la Santé, et Camille Gailiard-Minier, ministre déléguée chargée de l’autonomie.

Dans la continuité du plan de contrôle des 7 500 EHPAD mené entre 2022 et 2025, plus de 500 structures du secteur du handicap ont déjà été contrôlées, donnant lieu à de nombreuses mesures correctrices et à plusieurs signalements judiciaires, confirmant la nécessité de poursuivre une politique de contrôle exigeante.

Le ministère va plus loin avec un dispositif « national cohérent, lisible et opérationnel pour recueillir, traiter et suivre les signalements de maltraitance ». Ce dispositif se fonde sur trois piliers.

PREMIER PILIER

Un numéro unique national gratuit le 3133 (qui remplace le 3977) et un formulaire en ligne. Depuis le 1er mars, toute personne – victime, proche, professionnel – peut signaler une situation de maltraitance via un numéro simple, accessible et gratuit ou via un formulaire en ligne. C’est une avancée majeure pour un accès simplifié, une écoute renforcée et une réponse coordonnée sur l’ensemble du territoire.

DEUXIÈME PILIER

Un système d’information national : SIRENA est l’outil de référence pour le traitement des signalements. Il permet la traçabilité de chaque alerte, le partage d’information entre acteurs, le suivi des actions engagées et l’information du demandeur. C’est un levier essentiel pour renforcer l’efficacité collective. Outil sécurisé, il est utilisé tant par les agences régionales de santé (ARS), que par les conseils départementaux et les directions départementales de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS). Pour la première fois, un système d’information commun permettra aux autorités compétentes de collaborer de manière harmonisée sur l’ensemble du territoire.

TROISIÈME PILIER

Les cellules territoriales de recueil et de traitement des signalements. Conformément à l’instruction du 30 janvier 2026, ces cellules constituent désormais le cœur opérationnel du dispositif. Elles assurent la réception et la qualification des signalements, leur orientation et prise en charge par les acteurs compétents ainsi que le suivi des réponses dans la durée. Elles incarnent une organisation structurée, partenariale et réactive, au service des personnes.

« Avec le 3133, le formulaire en ligne, les cellules territoriales et SIRENA, nous franchissons une étape décisive dans la lutte contre les maltraitances envers les adultes vulnérables. Face à une situation préoccupante, le doute ne doit plus empêcher d’agir. Avec le 3133, toute personne confrontée à une situation de maltraitance — victime, proche, ou témoin — peut être écoutée, accompagnée et orientée vers une réponse adaptée. Car être témoin, c’est déjà pouvoir protéger », affirment les ministres.